Voyage France Béni


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1969 -1970 : Chasse et Pêche
âmes sensibles et écologistes s'abstenir...

en guise d'illustration de quelques souvenirs rapportés par Jean-Marc Nassiet 

Années 1969 -1970 (juillet et août) : nous allions souvent à la chasse aux canards dans les forêts inondées au nord de Porto-Novo, du côté des Aguégués. Le gibier y était alors abondant. Nous partions en pirogue pour la journée. Mon père (au premier plan, au second un jeune breton venu en vacances) était à l'époque "instructeur" à l'école de gendarmerie Bio Guerra à Porto-Novo. La plupart de notre "butin" était laissé ensuite aux villages d'où nous débarquions.

Sur cette photo, j'avais 16 ans, je brandis un singe tué d'un coup de fusil : ce n'est arrivé qu'une fois, mais ce singe a été victime de sa lenteur à suivre ses congénères et de la rapidité du tir. Le piroguier a plongé au fond de l'eau pour le ramener.

  Des pêcheurs bretons faisaient des campagnes de pêche à bord de chalutiers (bretons) dans le Golfe du Bénin. Ils partaient en général trois jours et deux nuits. Et sitôt la cargaison déchargée à Cotonou, ils repartaient. La journée du dimanche était consacrée au repos : c'est-à-dire souvent à boire... Le chalut était remonté toutes les trois heures, le plus souvent archi-plein ! Entre deux coups de chalut, l'équipage composé de neuf marins béninois et togolais (le patron étant le seul français), lançait en guise d'appât à un crochet gros comme une main un petit requin récupéré dans le chalut. Très vite on voyait une meute de requins. Plus on ramenait la prise près du bateau, plus celle-ci se débattait avec une force incroyable, allant jusqu'à casser la chaîne qui faisait fonction de ligne ! De toute façon la proie était dévorée aussitôt par la meute. Seul le mécanicien parvenait à hisser le requin à bord. C'était un togolais, impressionnant par sa musculature. Une fois le requin projeté d'un coup de rein (plutôt vigoureux...) sur le pont, on achevait la bête à coups de massue car elle demeurait très dangereuse même deux heures après sa prise. Tous les requins pêchés ainsi revenaient à l'équipage. J'ignore si les marins étaient bien payés, mais un requin, ça fait une belle "godaille" comme disent les pêcheurs bretons !


Quant aux béninois, on en voyaient parfois au large, en pirogue. Mais les ghanéens sont plus nombreux en mer... Franchir la barre en pirogue, c'est un bel exploit. J'imagine que les accidents, les disparus, n'ont jamais été comptés. Sur le port de Cotonou, les ghanéens ont aujourd'hui de solides pirogues, très larges et lourdes, et maintenant motorisées.

la gare routière de Poto-Novo en 1969 et 1970. Pour ceux qui y sont allés ces dernières années, il n'y a quasiment aucune différence. Sauf que depuis peu la route a été refaite. si vous avez une bonne vue vous remarquerez que la plaque d'immatriculation de la 4L se termine par DY et non RP, c'était le Dahomey et non la République du Bénin.

Dans une rue commerçante de Porto-Novo, en allant vers le marché et la mosquée. Le magasin de tissus était tenu par un jeune ami libanais, qui avait à peine deux ans de plus que moi. Il a depuis fait "fortune" au Bénin, à la tête d'une société de 250 salariés, plus des fermes d'élevage et une plantation d'ananas en attendant la construction d'une usine de jus de fruit ! Il est toujours au Bénin, à Cotonou, mais se rend très souvent dans son pays natal. C'est connu, les libanais ont un sacré sens des affaires, en ce sens ils ont hérité de leurs lointains ancêtres les phéniciens. Et ont une grande capacité d'adaptation. Alors étudiant je baragouinais lamentablement en anglais, alors que mon ami parlais (et parle) le Fon, l'anglais, le français, l'arabe, et sans doute le Yoruba (groupe ethnique africain réputé aussi pour son sens des "affaires").

à Sémé en 1969, plage située entre Porto-Novo et Cotonou. Sous le sable : du pétrole ! En fait des gisements ont été exploité au large. Ce qui ne s'est pas fait sans tensions avec le Nigéria voisin, car les gisements ignorent les frontières. Pour l'instant c'est surtout le Nigéria qui bénéficie des plus importantes ressources pétrolifères. Pour ce qui concerne la plage : les vagues de l'océan sont si puissantes que les cabanons sur cette photo ont depuis longtemps disparus !